19/01/2009

Pourquoi une station zéro émission ?

Un ami m’a déjà demandé, sans doute pour la provoc’, pourquoi une énième station polaire ? N’y a-t-il pas suffisamment de stations en Antarctique ? Quelles recherches scientifiques allons nous faire en plus que les autres, nous les petits Belges ? N’est-ce pas encore l’argent des contribuables jeté par les fenêtres ?

Qui ne s’est pas posé la question ?.

degerlachePour répondre à la question, il faut remonter le cours de notre histoire, belgo-belge. On n’apprend pas à l’école qu’il existe en Antarctique des îles nommées Brabant, Anvers, Liège. Et pourtant quelle fierté, non ? Ca, on le doit à notre explorateur Adrien de Gerlache. Il a tracé les premiers contours de la péninsule Antarctique à la fin du 19ème siècle. Il a été le premier à se faire emprisonner par les glaces (presque volontairement), ce qui l'a forcé au premier hivernage en Antarctique de toute l’histoire ! Grâce à lui, la Belgique acquiert la fibre Antarctique, engendrant des générations de scientifiques et d’explorateurs polaires. Cela pousse nos gouvernements à participer à l’Année géophysique internationale 1957-58, à construire à cette occasion la première station belge en terre de la Reine-Maud sous l’égide de Gaston de Gerlache, le fils d’Adrien. En 1959, la Belgique est un des 12 premiers pays signataires du Traité sur l’Antarctique (j’en reparlerai). La station Princess Elisabeth est donc la suite logique, le continuum de notre histoire. Un devoir, en quelque sorte, pour notre pays : investir à nouveau dans ce continent à l’occasion de l’Année polaire internationale 2007-08, soit 50 ans exactement après la construction de la première station belge.

Voilà pour l’histoire. Cocorico, non ?.

IcecoreLa recherche scientifique ? Bon, là je n’irai pas très en profondeur. Mais deux axes à ma réflexion. Premièrement, les pôles sont des laboratoires extraordinaires pour étudier et comprendre les changements climatiques qui s’opèrent. La glace renferme des secrets gardés depuis plus de 700.000 ans ! Nos universités belges étudient la composition des petites bulles d’air emprisonnées dans la glace durant toute cette période pour comprendre les évolutions du climat, et extrapoler les résultats observés à aujourd’hui pour apprendre ce qui nous attend. Des études sur les micro-organismes capables de survivre à de pareilles températures intéressent aussi nos scientifiques. Connaître le monde, de plus en plus, la science n’a pas de frontière, et le moindre laboratoire ouvert sur le continent le plus vierge de la planète est une chance inouïe pour nos universités. Deuxièmement, le Traité sur l’Antarctique régit aussi le partage de toutes les études scientifiques menées sur le 6ème continent. Dès lors, aucune redondance dans la recherche, chaque étude est unique et partagée, aussi dans notre station. D’où son utilité. (photo : une carotte de glace)

Et le caractère « zéro émission » alors ? Ca, c’est la cerise sur le gâteau. La grande fierté de notre pays, premier au monde à installer une station écologique, propre et autonome. Alain Hubert se plait à le répéter, et moi aussi après lui, si la Fondation polaire est capable d’installer un bâtiment zéro émission sur le continent le plus hostile de la planète, tous nous pouvons en faire autant à notre échelle dans nos contrées. La recherche bat son plein également à ce niveau. Que d’inventions il a fallu concevoir pour gérer l’énergie sur le continent le plus froid de monde, un vrai trésor de technologies environnementalistes.

21:50 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Article passionnant. Si je comprends bien, l'Antarctique et notre station Princesse des neiges, c'est comme Obama, un grand espoir pour l'humanité.

Écrit par : Virginie la mère | 19/01/2009

Voilà qui embellit l'image de la Belgique ; avec tout se qui se passe ...

Écrit par : Merlin | 22/01/2009

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