29/01/2009

L'équipement

Jour J-14 ! Dans deux semaines exactement, je serai dans l’avion au dessus de l’Europe, de la Méditerranée, de l’Afrique. Dans la soute, ma valise, et dans ma valise, mes vêtements… Mais qu’est-ce que je vais prendre ? Je me sens tout à coup comme une femme devant sa garde-robe un matin avant d’aller travailler… (Je n’ai rien à me mettre)

 

équipementHeureusement, la Fondation polaire fournit un équipement de base : un grand sac, un bonnet, une cagoule, des lunettes, un sous-pull, une « peau d’ours » (une veste en poil brun, douce comme un nounours, à faire craquer plus d’un manchot), une veste goretex rouge, ma couleur préférée, des sous-gants, un pantalon coupe-vent polaire, et des bottes énormes, comme si j’allais sur la lune. D’ailleurs, les bottes, ma pointure n’était plus disponible, la Fondation polaire a dû en commander une nouvelle paire. J’ai reçu aujourd’hui la confirmation qu’elle était arrivée, mais petit problème, c’est un modèle féminin… Mais, m’a-t-on immédiatement rassuré, il n’y a quasi aucune différence avec le modèle masculin… C’est vrai, franchement, vous avez déjà vu la différence entre un cosmonaute homme et un cosmonaute femme ? Passez-moi la bouteille, de Ricard…

A la demande générale : une photo de mon équipement !

DSC01923

Merci à ma princesse Adèle d'avoir servi comme modèle ! Sont visibles : les fameuses bottes, la peau d'ours, la veste gore-tex, le bonnet et les lunettes.

21:42 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

28/01/2009

Le Traité sur l'Antarctique

La station Princess Elisabeth se trouve à Utsteinen, nom d’une arrête rocheuse en terre de la Reine Maud. J’ai lu sur un site internet : « La terre de la Reine Maud est une région de l'Antarctique appartenant à la Norvège ». Doit-on croire cette affirmation ? L’Antarctique est-il découpé en morceaux de tarte appartenant à différents pays ?

Non, non, non, non, non, l’Antarctique n’appartient à personne ! Et une charte protège ce statut spécifique jusqu’en 2049. En quelques mots la petite histoire de ce statut unique au monde. 

Des baleiniers norvégiens, les plus audacieux, ont longuement flirté avec les côtes antarctiques. Des explorateurs ont été les premiers à fouler les glaces de l’Antarctique. Les pays, flairant des nouvelles ressources géologiques, des accès stratégiques, des positions militaires intéressantes, on revendiqué unilatéralement des territoires en Antarctique. Cela a amené à des situations rigolotes, non seulement ce découpage en morceaux de tarte partant du centre vers les côtes, mais aussi des territoires superposés. C’est ainsi que la Péninsule antarctique était revendiquée en même temps par l’Argentine, le Chili et le Royaume-Uni ! On dit que ces pays (Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni) ont des prétentions territoriales sur l’Antarctique. Etrange, non, que ni les Etats-Unis, ni la Russie n’ont de telles prétentions ? Tiens, et la Belgique alors ? Nous aussi on a eu un grand explorateur…

En 1959, un traité est signé à Washington : ce traité gèle les prétentions territoriales, insiste sur la notion d’activités pacifiques et dédie ce continent à la recherche scientifique internationale. Les objectifs sont :
- assurer un échange d’informations scientifiques concernant l’Antarctique
- interdire toute explosion nucléaire et tout stockage d’éléments radioactifs
- interdire les activités militaires
- protéger la faune et la flore, respecter les écosystèmes, éviter toute pollution
- protéger également le sol et les ressources géologiques


traite_signatairesLe traité est établi par les 12 premiers pays signataires, dont la Belgique ! D’autres pays se joignent ensuite, jusqu’à atteindre le nombre de 46 nations adhérentes au Traité.

Donc voilà, l’Antarctique n’appartient à personne, et à tout le monde à la fois. La mission du continent n’est que scientifique et pacifique. Pas question d’y développer du tourisme à outrance, pas question d’y chercher du pétrole, du charbon, du gaz, de l’or, des diamants,… Le continent est pro-té-gé. Mais ce n’est qu’un CDD (contrat à durée déterminée). Quid en 2049, les états signataires, malgré la pénurie en pétrole annoncée, auront-ils le courage de renouveler le contrat ?

Mais ne soyons pas naïfs non plus, si le 6ème continent n’était pas si hostile (difficulté à y résider, à exploiter le sous-sol vu l’épaisseur de la calotte glaciaire, conditions météo exécrables,…), le Traité aurait-il eu une chance de voir le jour ? Allez, un Ricard, pour oublier et pour continuer à croire que l’Homme est capable de signer ce genre de traité. Je vais finir par y prendre goût ;-)

22:14 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

27/01/2009

De la glace dans ton Ricard ?

actu_glace_polynie_smDès que la température descend en dessous de -2 °C, l’eau de mer commence à geler. Des petits galets de glace se forment et flottent sur une mer sans vagues. Au fur et à mesure que la température chute, les galets sont de plus en plus nombreux, se rapprochent les uns des autres (on appelle cela le « pack »), se soudent, la banquise se forme, s’épaissit, jusqu’à atteindre une épaisseur d’un à deux mètres. Au plus fort de l’hiver, la banquise peut doubler la superficie de l’Antarctique.

Deux choses à bien comprendre donc :
-          si je mets un glaçon de banquise dans mon verre, mon Ricard est imbuvable car la glace de la banquise est salée !
-          quand la banquise fond durant l’été austral ou à cause du réchauffement climatique, la quantité d’eau dans les océans n’augmente pas. 

iceberg_tabulaire_assocLes icebergs ne se forment pas à partir de la banquise. La calotte glacière de l’Antarctique est une accumulation de glace tombée du ciel sur le continent pendant des milliers d'années. L’épaisseur de la glace peut atteindre 3 km ! On l’appelle l’indlandsis. Sous l’effet de la gravité, cette glace s’écoule lentement du centre du continent vers les côtes. Des « langues » de glace descendent jusqu’à la mer et flottent dessus. Ce n’est pas de la banquise, c’est un ice-shelf. En avançant sur la mer, et à cause du mouvement des vagues, les ices-shelfves se fragmentent en blocs : les icebergs !

Deux choses à bien comprendre :
-          je peux mettre de la glace d’un iceberg dans mon Ricard, l’eau est douce ;
-          quand un iceberg fond, la quantité d’eau dans les océans augmente !  

Vous l’avez compris, la crainte de la montée du niveau des océans ne vient donc pas de la fonte des banquises mais de la fonte des calottes glacières et des icebergs provenant du Groenland ou de l’Antarctique.

La station Princess Elisabeth va permettre aux scientifiques belges (et étrangers) de mesurer la vitesse à laquelle la glace de l’inlandsis avance vers les côtes. C’est là un des enjeux majeurs de la compréhension des changements climatiques.

PS : j’aime pas le Ricard…

22:17 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/01/2009

Belgica Antarctica

Bon, d’accord, je n’ai jamais été un passionné d’insectes, encore moins de mouches. Mais là, ce joli nom bien de chez nous m’a mis la puce à l’oreille ! La seule race animale endémique de l’Antarctique, c’est-à-dire la seule race qui n’existe qu’en Antarctique, c’est une sorte de mouche qui porte le doux nom de « Belgica antarctica ». La Belgica, c’est le nom du premier navire, commandé par notre Alain de Gerlache national, à avoir hiverné en Antarctique. C’est en effet durant cet hivernage que les scientifiques de l’équipage ont découvert cette drôle de mouche sans ailes. Pourquoi avoir des ailes quand les vents soufflent la plupart du temps à plus de 100 km/h ?

BelgicaAd_bestiary_WEBCa a beau n’être qu’une mouche, notre Belgica antarctica est l’animal terrestre le plus grand du 6ème continent ! Leur espérance de vie n’est que de 10 jours, mais ces petites bébêtes profitent de leur courte vie pour pondre des larves qui peuvent résister plusieurs mois de grand gel. Finalement, c’est un peu comme notre station, les scientifiques y passent une dizaine de jours, y pondent des idées qui hivernent de longs mois avant d’être reprises par les scientifiques de la saison suivante… La boucle est bouclée, c’est ça notre Belgica !

20:56 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

25/01/2009

L'hémisphère sud

Plus que 18 fois dodo avant que je ne m’aventure dans l’hémisphère sud, une grande première dans ma vie. M’imaginer la tête en bas sur notre planète, ça me renverse ! Mais que de chamboulements physiques par rapport aux standards que nous avons digérés sans réfléchir. Par exemple, savez-vous que le soleil dans l’hémisphère sud, bien qu’il se lève à l’est et se couche à l’ouest comme chez nous, passe à midi par le nord et non par le sud ! Vous imaginez les gens d’Afrique du Sud remontant l’Afrique vers le nord en disant à leurs amis « on va dans le midi » !?

J’ai hâte aussi de vérifier que l’eau s’écoule en tourbillonnant dans le sens des aiguilles d’une montre (chez nous c’est dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, faut aussi que je vérifie cela avant de partir…). J’ai beau chercher sur Internet, il y a beaucoup d’informations contradictoires concernant la force de Coriolis et le sens des tourbillons dans nos éviers. Info ou intox ? Promis, je ferai l’expérience pour en avoir le cœur net. Mais il semblerait que si la force de Coriolis influence bien les courants marins et atmosphériques, l’effet dans nos éviers peut être contrecarré par d’autres phénomènes comme la forme de l’évier et des différentiels de température.

pleineluneEt savez vous que le ciel étoilé n’est pas du tout le même que le nôtre ? Logique, mais on n’y pense pas forcément. Et les phases de la lune aussi sont inversées.

(photo de la pleine lune "à l'aube" en septembre, base australienne en Antarctique)

Dans mes rêves la nuit, je me dirige vers le vrai pôle sud géographique, pour marcher sur tous les fuseaux horaires qui convergent en ce point. Quelle heure est-il à la station Scott-Amundsen (la base située au pôle sud géographique) ? Si on fait le tour du bâtiment, on fait également le tour de sa montre... Comique non ? Peut-on remonter le temps en courant autour de la station dans le sens inverse des fuseaux ? Et sinon, peut-on l’arrêter, le temps, puisqu’il n’y a pas vraiment d’heure en ce point ?

21:42 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/01/2009

"zéro émission", le concept

Mais qu’est-ce qu’elle a de si particulier, notre station « zéro émission », rappelons-le, la première du 6ème continent ? En fait, rien de bien chinois (c’est du belge !). Vous verrez, nos enfants construiront leur maison de la même façon.

Le concept s’oriente autour de 3 axes :

-          L’électricité est produite par un bouquet d’éoliennes (vive le vent d’hiver…). Si le vent n’était pas de la partie, la station est également couverte de panneaux solaires photovoltaïques. L’électricité est utilisée soit directement, soit stockée dans des batteries pour une utilisation ultérieure. Mais la consommation directe est privilégiée, car les batteries ont de nombreuses faiblesses, comme le déchargement à cause du froid. Dès lors, dès qu’il y a trop d’électricité en stock, on l’utilise à fondre la neige ou à chauffer les labos. D’ailleurs, c’est un ordinateur qui gère les besoins en électricité selon un système de priorités. Si je branche mon rasoir dans une prise de la station, l’ordinateur va vérifier s’il n’y a pas un utilisateur plus prioritaire que moi, la cuisine par exemple.

-          Le bâtiment est isolé au maximum. Les murs sont rembourrés d’isolant. Les vitrages sont triples. Pas un courant d’air. Dès lors, un système d’aération, ou plutôt d’échange d’air, est prévu. L’air chaud des pièces chaudes réchauffe les pièces plus fraîches, et vice versa, avec un air frais rentrant dans la station et de l’air chaud sortant. L’orientation de la station n’a pas non plus été laissée au hasard.

-          Une gestion de l’eau optimale. Comme dans l’espace, l’eau est recyclée au maximum, grâce à des systèmes de filtrage et de décomposition anaérobique. Oui, on prend sa douche avec de l’eau des WC, après recyclage bien sûr !

BasisElisabeth_foto01Alors, le « zéro émission », pas si impossible que ça hein ? On y passera tous, vous verrez. Et c’est justement ce qu’Alain Hubert veut démontrer. Si c’est possible en Antarctique, c’est possible chez nous.

23:04 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/01/2009

Alain Hubert

Alain Hubert, je vais rencontrer Alain Hubert…

Je pense que tous les belges connaissent son nom, mais peu connaissent vraiment son parcours. Alain Hubert, c’est notre Adrien de Gerlache contemporain, c’est notre Paul-Emile Victor belge, notre Explorateur avec un grand E !

Dans sa jeunesse, Alain Hubert est un post-68ard, il organise sa famille et sa carrière autour d’un projet de coopérative en ébénisterie, la vie en communauté. Sportif accompli, les marathons font partie de son quotidien… Il va consacrer petit à petit tous ses loisirs, et même plus, aux voyages sportifs. Il devient guide de montagne au Népal et s’essaye plusieurs fois à l’ascension de l’Himalaya. La neige, le froid, la difficulté, pourquoi pas les pôles ? Allez, facile, il traverse l’océan Arctique en traineau et à la voile, il atteint le pôle nord géographique, puis magnétique. Il s’essaye au pôle sud aussi, encore plus éprouvant. Il est le premier à effectuer une traversée complète de l’Antarctique à pied. Un véritable explorateur moderne, doté en outre, et c’est plaisant, d’une facilité à communiquer qui lui permet de vulgariser bon nombres des thèmes qui lui sont chers. Les médias sont attirés vers lui comme les aimants vers les pôles magnétiques, et c’est une chance non seulement pour la Belgique mais aussi pour la planète.

 

alainhubertUn déclic terrible se produit en lui en 2002 quand il ne parvient pas à atteindre le pôle nord géographique. Il comprend tout à coup que la Terre se réchauffe et que la calotte glacière n’est plus assez épaisse pour lui permettre d’achever son expédition. Son bâton de pèlerin, il l’utilise alors à conscientiser le monde sur l’importance de lutter contre le réchauffement climatique. C’est lui qui lance l’idée de la construction d’une station belge « zero emission » en Antarctique. C’est lui qui en devient le directeur, le chef de projet. Sa station « zero emission » dans le continent le plus hostile de la planète, c’est une manière de nous dire à nous tous, entreprises, particuliers, oui, c’est possible, nous pouvons émettre moins de gaz à effet de serre, voire pas du tout. Yes we can ! (euh, ça c’est pas de lui, mais ça tombe bien…)

 

En image, une expédition d’Alain Hubert, un résumé impressionnant !

http://www.youtube.com/watch?v=sKnBZTVqE4I

 

Une anecdote ?

Lors de la dernière traversée d’Alain Hubert en Arctique, Anne Delvaux, alors présentatrice du JT de la RTBF, a eu la grande chance de pouvoir l’interviewer en direct alors qu’il avait atteint un de ses points de ravitaillement. Depuis le studio, Anne Delvaux demande alors à Alain Hubert s’il a eu peur. La communication est mauvaise, et Alain Hubert ne comprend pas la question. Anne Delvaux répète, avez-vous eu peur ? Il répond alors « du beurre ? non non, ce n’est pas vraiment notre style de nourriture… »

22:53 Écrit par J dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

22/01/2009

Le pétrel des neiges

Spécialement pour mon filleul Florian, passionné par les oiseaux.

Petrel_des_neigesA mon avis, je vais observer plus de pétrels des neiges que de manchots. Le pétrel est un bel oiseau tout blanc, d’un blanc éclatant, encore plus blanc que la banquise parait-il, mais est-ce possible ? En tout cas, par rapport au blanc de l’ours blanc, qui vit au pôle nord bien sûr, et qui est d’un blanc virant vers le blanc cassé, le pétrel est une réclame vivante pour les poudres à lessiver. Seuls ses yeux, ses pattes et son bec sont noirs, et seul ce contraste frappant permet de les repérer sur la banquise. Ils nichent dans les montagnes de l’Antarctique et survolent les côtes en quête de nourriture, principalement le krill, ce petit crustacé abondant dans l’océan antarctique, décidément la base de tout l’écosystème du 6ème continent. J’ai lu aussi, et c’est le cas de quasi toute la faune antarctique, que les pétrels ne sont pas farouches et se laissent approcher sans être effrayés. Dans ces contrées les plus australes, l’homme n’est pas encore craint par les animaux, et ces derniers se laissent approcher assez facilement. Pour combien de temps ?

Florian, d’autres anecdotes concernant les pétrels des neiges ? Et que penses-tu des sternes arctiques ? Ce sont les plus grands migrateurs au monde puisqu’ils passent l’été en Arctique et l’hiver (en fait l’été) en Antarctique.

21:48 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

21/01/2009

Les pingouins d'Antarctique

Les pingouins d’Antarctique, ça n’existe pas !!! Les pingouins sont au pôle nord tandis que les manchots sont au pôle sud ! La différence ? Facile, les manchots ne savent pas voler, leurs ailes sont atrophiées et sont devenues des nageoires, tandis que les pingouins ont de vraies ailes et volent comme de véritables oiseaux ! Les manchots ne se déplacent que par petits pas ou glissent sur leur ventre. De véritables escaladeurs d’ailleurs, malgré leur aspect maladroit, ils arrivent à descendre et à monter le long des falaises de glace. Qui n’a pas vu « La marche de l’Empereur » ? Ce reportage (long et triste) explique comment les papas manchots empereurs couvent l’œuf de leur femelle pendant que celle-ci fait des kilomètres à la recherche de nourriture. Une fois la femelle repue, elle garde de la nourriture dans son gosier et retourne sur ses pas pour nourrir les mâles et les enfants restés en groupe pour se protéger du froid. Le plus étonnant sans doute, c’est la manière dont les couples se retrouvent, chaque manchot modulant son cri de manière unique.

(photos supprimées...)

Je ne suis pas sûr de voir des manchots, la station se trouve à environ 140 km de la mer. J’imagine que ces joyeux oiseaux sans ailes préfèrent la proximité de l’eau, riche en poisson et en krill. Peut-être à la base russe Novo ? Surprise…

Quant aux ours polaires, pôle sud ou pôle nord ??? Hein ?

20:21 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

20/01/2009

Albert de Monaco

Non, je ne croiserai pas Albert de Monaco lors de l’inauguration de la station Princess Elisabeth. Ce dernier vient juste de visiter notre base. Il s’est dit terriblement surpris et passionné par le projet belge et par la construction de la station zéro émission. Les chefs cuistots se sont à nouveau surpassés et ont fait des miracles, parait-il, pour accueillir le prince. Ce repas a encore plus renforcé l’image de la station belge, non seulement elle ne pollue pas, mais c’est aussi l’endroit de l’Antarctique où l’on y mange le mieux !

Je me consolerai avec d’autres VIP’s lors de l’inauguration. Sont sur le carton d’invitation :
Herman Van Rompuy, Didier Reynders, Sabine Laruelle, Pieter De Crem, peut-être Paul Magnette, pour les représentants du gouvernement belge. José Manuel Baroso pour l’Europe !
De nombreux patrons ou représentants des entreprises sponsors de la station (je me situe dans ce genre de VIP’s…;-).

La cerise sur le gâteau, dans la catégorie célébrité, c’est le grand photographe Peter Beard ! Bon j’avoue, j’ai dû googueler pour savoir qui c’était et demander à mon cher ami Nico, passionné de photo, pour en savoir plus.

maureenWikipedia en dit en gros ceci. Un photographe extraordinaire, il a côtoyé Andy Warhol, Francis Bacon, ou encore Truman Capote. Beard a passé la plupart de sa vie en Afrique, à photographier les éléphants, dont il subit même les attaques. Des livres, des expositions grandioses, des reportages. On lui doit également de nombreux nus dans la savane rassemblés dans Playboy ou dans des calendriers Pirelli… Il vit maintenant à New York et au Kenya.

Je préfère la version de Nico : « Toi tu commences à vivre comme une star … Peter Beard est connu pour ses collages, son amour de l’Afrique et des femmes ... C’est un grand parmi les grands et il côtoie le monde de la jet set depuis des décennies…  Amuse-toi bien dans ta station et prends des photos SVP… beaucoup beaucoup de photos. C’est une aventure extraordinaire qui nécessite une couverture médiatique personnelle de haut niveau…  N’oublie pas de demander à Peter Beard de prendre une photo de toi devant la station… Là, tu vas cumuler les extraordinaires ! »

22:19 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/01/2009

Pourquoi une station zéro émission ?

Un ami m’a déjà demandé, sans doute pour la provoc’, pourquoi une énième station polaire ? N’y a-t-il pas suffisamment de stations en Antarctique ? Quelles recherches scientifiques allons nous faire en plus que les autres, nous les petits Belges ? N’est-ce pas encore l’argent des contribuables jeté par les fenêtres ?

Qui ne s’est pas posé la question ?.

degerlachePour répondre à la question, il faut remonter le cours de notre histoire, belgo-belge. On n’apprend pas à l’école qu’il existe en Antarctique des îles nommées Brabant, Anvers, Liège. Et pourtant quelle fierté, non ? Ca, on le doit à notre explorateur Adrien de Gerlache. Il a tracé les premiers contours de la péninsule Antarctique à la fin du 19ème siècle. Il a été le premier à se faire emprisonner par les glaces (presque volontairement), ce qui l'a forcé au premier hivernage en Antarctique de toute l’histoire ! Grâce à lui, la Belgique acquiert la fibre Antarctique, engendrant des générations de scientifiques et d’explorateurs polaires. Cela pousse nos gouvernements à participer à l’Année géophysique internationale 1957-58, à construire à cette occasion la première station belge en terre de la Reine-Maud sous l’égide de Gaston de Gerlache, le fils d’Adrien. En 1959, la Belgique est un des 12 premiers pays signataires du Traité sur l’Antarctique (j’en reparlerai). La station Princess Elisabeth est donc la suite logique, le continuum de notre histoire. Un devoir, en quelque sorte, pour notre pays : investir à nouveau dans ce continent à l’occasion de l’Année polaire internationale 2007-08, soit 50 ans exactement après la construction de la première station belge.

Voilà pour l’histoire. Cocorico, non ?.

IcecoreLa recherche scientifique ? Bon, là je n’irai pas très en profondeur. Mais deux axes à ma réflexion. Premièrement, les pôles sont des laboratoires extraordinaires pour étudier et comprendre les changements climatiques qui s’opèrent. La glace renferme des secrets gardés depuis plus de 700.000 ans ! Nos universités belges étudient la composition des petites bulles d’air emprisonnées dans la glace durant toute cette période pour comprendre les évolutions du climat, et extrapoler les résultats observés à aujourd’hui pour apprendre ce qui nous attend. Des études sur les micro-organismes capables de survivre à de pareilles températures intéressent aussi nos scientifiques. Connaître le monde, de plus en plus, la science n’a pas de frontière, et le moindre laboratoire ouvert sur le continent le plus vierge de la planète est une chance inouïe pour nos universités. Deuxièmement, le Traité sur l’Antarctique régit aussi le partage de toutes les études scientifiques menées sur le 6ème continent. Dès lors, aucune redondance dans la recherche, chaque étude est unique et partagée, aussi dans notre station. D’où son utilité. (photo : une carotte de glace)

Et le caractère « zéro émission » alors ? Ca, c’est la cerise sur le gâteau. La grande fierté de notre pays, premier au monde à installer une station écologique, propre et autonome. Alain Hubert se plait à le répéter, et moi aussi après lui, si la Fondation polaire est capable d’installer un bâtiment zéro émission sur le continent le plus hostile de la planète, tous nous pouvons en faire autant à notre échelle dans nos contrées. La recherche bat son plein également à ce niveau. Que d’inventions il a fallu concevoir pour gérer l’énergie sur le continent le plus froid de monde, un vrai trésor de technologies environnementalistes.

21:50 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/01/2009

Température

Dans l’hémisphère sud, c’est l’été ! Au Cap, je dois m’attendre à environ 25°, le pied ! En Antarctique à Utsteinen, il fait actuellement entre -15° et -20°. Par rapport à la vague de froid que nous venons de subir en Belgique, pas de quoi avoir trop peur… Mais attention, en Belgique, nous n’avons pas les vents « catabatiques », des vents soufflant du centre de l’Antarctique vers les côtes, dévalant les pentes des montagnes sous le poids de l’air froid et pouvant atteindre des vitesses de 300 km/h !

tente_igloo

Et comment dois-je m’habiller ? En Belgique, j’aurai environ 5°. Après une nuit de vol, je serai à 25°. La nuit suivante je serai à -15°… Je vais devoir jongler avec une garde-robe réduite à 20 kg. Un détail pratique, je pourrai laisser à l’hôtel au Cap mes vêtements d’été pour ne pas m’encombrer dans ma tente igloo ! Ah oui, il y a de fortes chances que je passe deux nuits sous tente, la station ne pouvant accueillir qu’une vingtaine de lits.

 

19:00 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

16/01/2009

Le Cap

Le Cap (Cape Town). Puisque je vais y passer quasi la moitié du temps, autant bien préparer cela aussi. Surtout ne pas perdre une seconde à tout enregistrer par les yeux, pourvu que mon disque dur soit assez grand... (il date quand même de 72, à ce moment on ne comptait pas encore en gigas...)

Pour l'occasion, j'ai fait appel à mon nègre (rien à voir avec l'Afrique du Sud...). Merci la mère ! Le texte qui suit est de sa plume (de son clavier...).

"
Attention à la sécurité ! (le soir, rester à l'hôtel)

Le Waterfront est très moderne, restos, centres commerciaux etc très vivant et touristique, belle vue sur la table mountain.
 
Le centre historique (loin du waterfront, bus ou taxi, pas à pied pour sécurité) est intéressant même beau (avec guide papier en main pour comprendre ou dans un sightseeing bus si ça existe); quartier malais très joli, avec vieilles maisons en bois colorées.
La table mountain, accessible même en téléphérique, le Lion's head, les montagnes autour de la ville; très beau, plus beau que la ville; moi je suis montée en car au Signal Hill, point de vue sur la ville.
On peut aussi aller en bateau à Robben Island (prison de Mandela)
Le mieux pour visiter la ville en peu de temps est de louer un taxi à ton hôtel, demander un forfait pour un tour; à partager éventuellement avec un ou des autres, Didier et Herman par ex.
 
Près du Cap, le domaine de Groot Constantia, le vin le plus génial d'Afrique du sud - d'ailleurs si tu peux en rapporter... (rare alors pas en vente en Europe à ma connaissance)
J'ai visité, ainsi que les Kirtenbosch gardens.
 
Cape of good hope
(environ 100km AR)
Pour y arriver on traverse une réserve naturelle de toute beauté, une sorte de lande. Près du Cap, un phare, on y monte en funiculaire et on peut descendre à pied, belle vue, beaucoup de vent... La Bretagne, quoi !
 
Il ya  aussi la réserve de manchots...
"
_
Table Mountain (Tafelberg)
tablemountain
TableMountainfromaircraft
_
_
_
_
_
_
_
Quand un nuage s'accroche au dessus de la montagne de la table, on dit que la nappe (le nuage) est mise... Humour à la Jéjé mais c'est pas de moi, c'est Wikipedia qui le dit, c'est donc la vérité vraie !
_
Et mon nègre continue son chapitre sur l'Afrique du Sud :
_
"
C'est l'Afrique, mais rien à voir avec le Mali
Villes ultra-modernes, magasins et hôtels comme ici.
Dans les beaux quartiers, villas luxueuses super protégées, alarmes, gardes, hauts murs etc; tout le monde est armé.
Aux abords des villes, immenses townships, règne de la misère et de la délinquance. (avant Capetown, 30 km de township si j'ai bon souvenir)
En ville, tout le monde bien habillé, belles voitures ... mais minibus surchargés de Noirs qui arrivent le matin des townships pour les petits boulots mal payés. La fin de l'apartheid a permis l'accession d'une élite de Noirs à la richesse; pour les autres, rien de changé, ou presque...
"
_
Townships (bidonvilles) de Cape Town
Townships

21:54 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/01/2009

Planning

Je connais maintenant assez précisément mon emploi du temps. J'attends encore quelques précisions de l'IPF (international polar foundation), mais grosso modo, voici comment ma semaine va s'agencer :

Jeudi 12/02 : Je travaille tranquille puis je pars en train à Zaventem, mon avion pour Londres est prévu à 17h40. J'arrive à Londres à 17h50 (waouh, 10 minutes, on n’arrête plus le progrès !). L’avion pour Le Cap (Afrique du sud) décolle à 20h15.

Vendredi 13/02 : Une pensée à la mère qui fêtera ses x6 ans avant d’atterrir à Cape Town à 10h25 après 12h de vol et 2h de décalage horaire. Arrivé là, quelqu’un de l’IPF m’attendra avec une jolie pancarte j’imagine et me conduira à l’hôtel. Visite de la ville ? J’espère.

Samedi 14/02 : Une pensée à ma Valentine… et puis briefing de l’IPF : conseils divers, comment survivre dans la glace en cas d’accident et plein de choses rassurantes de ce genre. Départ en avion vers l’Antarctique dans la soirée. Arrivée à la base russe Novo dans la soirée et nuit sur place ?

Dimanche 15/02 : 4ème avion direction la base belge Princess Elisabeth, enfin ! Inauguration, à ne pas rater dans les JT belges le soir même.

Lundi 16/02 : Journée libre sur place ! Un match de foot ?

Mardi 17/02 : Retour en sens inverse, snif… Arrivée à Cape Town vers 23h.

Mercredi 18/02 : L’avion pour Londres est prévu à 19h55, de quoi encore flâner toute la journée le long des côtes du Cap de Bonne-Espérance !

Jeudi 19/02 : Arrivée à Londres à 8h30, Zaventem à 10h40. J’espère vous voir tous à la sortie de l’aéroport pour m’accueillir comme on le faisait avec Justine Hénin ;-)

L'aéroport de Novo !

novo

 

 

 

 

Le Cap de Bonne-Espérance (le premier qui dit que ça ressemble à la Bretagne...)

CapBonneEsperance 

21:21 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

14/01/2009

Les coordonnées GPS

Bruxelles : 50°50' N - 04°21' E
Utsteinen : 71°57' S - 23°20' E

Utsteinen est le nom de la crête rocheuse (un sommet de montagne qui émerge à peine de l'épaisse couche de glace continentale) sur laquelle est construite la station Princess Elisabeth.

50° + 71° = 121° de latitude quasi en ligne droite en dessous de Bruxelles.
1 degré de latitude mesure environ 111 km, la base se trouve donc environ à 13.431 km à vol d'oiseau de Bruxelles.

Et sur la carte ? Facile : suffit de descendre en ligne doite de Bruxelles, passer sur l'Afrique, l'Afrique du Sud, l'océan (Atlantique-Indien-Antarctique), accoster sur le 6ème continent, et s'enfoncer encore de 140 km.

LocationAntarctica

21:35 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Le but...

J'ai la chance incroyable de partir bientôt direction l'Antarctique, participer à l'inauguration de la station polaire belge Princess Elisabeth, première station zéro émission sur le 6ème continent.

J'écris ce blog à titre privé afin de partager avec mon entourage mes impressions et mes expériences dans cette aventure unique en son genre.

Des photos ? Je n'en ai pas encore... les meilleurs clichés sont sur le site officiel de la Fondation polaire : http://www.antarcticstation.org/

20:59 Écrit par J | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |