31/03/2009

Des manchots !!!

Des manchots ! Plein de manchots, là, en train de bronzer sur le rocher ! J’ai vu des manchots !!! 

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Oui, mais pas en Antarctique… Ceux-là viennent d’Afrique du Sud, Simon’s Town, à l’est de la péninsule du Cap. Ca a l’air terriblement sauvage hein comme endroit ? En fait, pas du tout. La route mène à un parking. On doit ensuite faire 5 minutes de marche entre les échoppes attrapes-touristes, puis la caisse, ça coûte 4 rands, une passerelle en bois nous guide vers la plage où se trouvent les manchots. De part et d’autre de la passerelle, des touristes (dont je fais partie…) qui ne font que regarder à travers leur objectif alors qu’on voit bien mieux avec les yeux… Là, un manchot, le premier ! La vedette, il est canardé, gravé sur toutes les cartes mémoires en transit aujourd’hui. Les autres auront moins de chance, ils sont toute une colonie, dispersés sur une petite plage de sable fin et de rochers.

Que font-ils là ? Ils sont bagués. Sont-ils attirés ici, ou retenus sur cette plage pour satisfaire le tourisme, comment ? Finalement, c’est comme si j’avais vu des manchots au zoo, sauf que le zoo, il est à la pointe sud de l’Afrique, et ça, c’est quand même magique, non ?

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29/03/2009

The Julie

Avez-vous déjà lu l’article que Julie a consacré à mon modeste petit blog ? Que des éloges, je n’en demandais pas tant, mais j’aime tellement qu’on me jette des fleurs (sans le vase…) que ça aussi j’avais envie de le partager avec vous :

Séquence… fierté :

http://www.skynet.be/actu-sports/tribune-libre/actu-utilisateurs?post=499611 

Aaaah Julie, sacré petit bout de femme, passionnée par son métier, fière de sa communauté de blogueurs. Un peu notre maman poule qui nous soutient, là, derrière nos écrans. Elle lit chacun de nos posts (faut y croire !), repère chaque nouveauté, sans cesse à la recherche d’une perle rare à mettre en évidence. Elle rencontre régulièrement des blogueurs pour papoter, prendre la température, voir et entendre les gens, sans clavier ni écran interposés. A mon tour de mettre quelqu’un en évidence, notre perle rare de chez Skynet, merci Julie !!!

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26/03/2009

Partager

De la chance. La chance de ma vie. Mieux que le Lotto. Aussi incroyable qu’un voyage sur la Lune.

Une pareille veine, ça se garde jalousement, ou ça se partage.

Partager avec vous tous les moments magnifiques que j’ai vécus. Partager avec vous tout ce que j’ai appris. Ca a été le but de chacune des mes soirées (presque) de ces 3 derniers mois à travers ce modeste petit blog. Non, ce n’est pas un message d’adieu, je n’ai pas fini ! Loin de là ! (qui a dit oooh ?) Juste une manière d’introduire ma diversification du partage…

Institut Saint-Dominique, Schaerbeek (Bruxelles), classes de Martine et Grégory, 3ème et 4ème primaire. Un moment magique. Un partage avec un retour extraordinaire. Une spontanéité ressourçante. J’avais apporté mon ordinateur et mes photos, et mon globe terrestre gonflable. J’ai formé deux groupes. Tour à tour, je lançais mon globe à une équipe, celui ou celle qui l’attrapait devenait le porte-parole et devait répondre à une des 20 questions que j’avais préparées. Quelle équipe a gagné ? Egalité ! Dingue hein !? Il est vrai que je n’ai reçu aucune mauvaise réponse. Parfois de jolies réflexions bien de leur âge, et des questions intéressantes.

Comment les panneaux photovoltaïques fonctionnent-ils alors qu’il fait si froid ? Est-ce que j’ai mangé du Krill ? Est-ce que je suis un explorateur ? Combien y a-t-il de stations en Antarctique ? Pourquoi autant ? L’électricité arrive à la station par des câbles. Ces câbles sont alimentés par des machines qui tournent avec le vent. J’en passe et des meilleures.


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Ils ont entre 8 et 10 ans. Accrochez-vous, la relève arrive. La génération d'après Kyoto ne nous ressemble déjà plus. Voilà, pour ceux qui doutent encore de l’utilité de la station Princess Elisabeth, un exemple concret qui montre que les enfants d’aujourd’hui, les hommes de demain, penseront différemment que nous, penseront zéro émission, parce qu’on le leur apprend à l’école, parce qu’on le leur montre à la télévision. Merci Alain.

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23/03/2009

Les containers

Vous n’imaginez pas le nombre de containers qu’il a fallu acheminer jusqu’à Utsteinen pour construire la station ! La plupart font l’aller-retour par bateau, depuis Anvers. D’autres ne font que l’aller, comme ces jolis containers bleus frappés du logo de la station. Ils ont été bien alignés car ils vont avoir une seconde vie. Les scientifiques se sentent un peu à l’étroit dans la station, juste un petit local pour réaliser leurs expériences et leurs analyses. Dès lors, les jolis containers bleus vont être réhabilités en laboratoires d’appoint. L’histoire ne dit pas encore si on va leur percer des fenêtres et comment le chauffage y sera zéro émission… Va falloir que je m’y rende à nouveau pour m’en informer… Comment vais-je faire cette fois-ci ? Un/une volontaire pour me donner des cours de cuisine ? Non non stop, ne vous bousculez pas, je répondrai à toutes les demandes, on a tout l’hiver (euh l’été quoi…) devant nous !

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19/03/2009

Erreurs du passé

Ne plus reproduire les erreurs du passé. C’est le message d’Alain Hubert !

Ces vieux fûts ont été déposés - abandonnés - par les Belges lors de la première base belge en Antarctique, dans les années 57-58. Cette base était beaucoup plus proche de la mer. Et quand les scientifiques se rendaient dans les montagnes pour leurs recherches, ils déposaient des stocks de fuel à mi-chemin. Pas très joli hein. Vous avez vu la trace sur le premier fût ? Une fusion entre Nike et BP était dans l’air du temps ?

D’après Alain, on peut trouver à quelques kilomètres de là un endroit où les Japonais on abandonné bien plus de crasses. Sous son aspect blanc, vierge et immaculé, l'Antarctique recèle des horreurs qu’il vaut mieux ignorer. Plutôt que de les ignorer, pourquoi ne pas les remballer chez nous, nos crasses ? J’étais prêt à les accrocher à ma motoneige, ces fûts belges, mais Alain semblait si fier de nous les montrer. Moi, je n’en suis pas fier, non.

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18/03/2009

Bonne nuit

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La « nuit » tombe sur l’Antarctique… tout doucement.

Il est 20h30, je redescends du nunatak Utsteinen que je viens d’escalader. Je suis fier, fier, fier. J’ai vaincu mon vertige et ma souplesse légendaire. Je rebondis d’allégresse dans la neige. Au bout de quelques bonds, la station apparaît dans un ciel rose mauve, grandiose. Dehors, pas un chat, pas un oiseau, pas une trace d’avion dans le ciel. Le monde m’appartient. Et je cligne des yeux pour prendre en photo ces moments magiques dans la carte mémoire de mon cerveau.

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15/03/2009

Le triptyque de la salle-à-manger

Une fois n’est pas coutume, une photo du cosmonaute… Histoire que Julie me reconnaisse demain… Oui, la Julie de Skynet, la Julie de Skynet qui a repéré ce modeste blog, the Julie avec qui j’ai rendez-vous demain midi, afin qu’elle découvre qui est réellement Jéjé ! Elle va être surprise…


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Derrière moi, la station. Photo intéressante pour les proportions. Vous voyez, par rapport à mes 183 cm, comme la station semble petite ? C’est vrai qu’elle n’est pas grande…

Et vous voyez cette fenêtre composée de 3 parties ? Derrière, c’est la salle à manger. Et regardez la vue que l’architecte y a placée dedans, de l’art, comme un tableau accroché au mur ! C'est le triptyque de la salle-à-manger.

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Regardez aussi l’épaisseur du double-double-vitrage ! Oui, il y a une première vitre à l’extérieur composée d’un double-vitrage à haute isolation. Puis un vide d’une cinquantaine de centimètres. Puis à nouveau une vitre intérieure, double-vitrage évidemment. C’est l’illustration d’une isolation maximale ! C’est comme ça que la chaleur reste à l’intérieur, zéro issue. Pour illustrer la très haute isolation de la station, Alain Hubert m’a expliqué qu’après un hivernage complet sans personne dans la station ni chauffage, il faisait 4-5 °C à l’intérieur. Isolons, isolons, isolons, voilà la leçon du jour…

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12/03/2009

Un OVNI

Quand on m’a annoncé que je partais en Antarctique, j’étais heureux comme si je partais sur la Lune. Franchement, en y regardant de près, ça y ressemble, non ? Regardez ma navette !

Fermez les yeux, écoutez Richard Strauss, Ainsi parlait Zarathoustra, mais si : « taaaa – taaaaaa – ta taaaaaaa – boum boum boum boum boum », nous sommes dans 2001 l’odyssée de l’espace, Kubrick. Imaginez des personnages tout de blanc vêtus marchant lentement dans les couloirs tournants de la station Princess Elisabeth. Ouvrez les yeux, vous rêvez. Mais moi, le rêve, je l’ai vécu, pincez-moi...

Les crop-circles, les OVNIs, les extra-terrestres, la soupe aux choux, vous n’y croyez pas ? Moi non plus, mais cette photo ne vous laisse-t-elle pas perplexe ?

Alain Hubert et son équipe l’ont créée, la 4ème dimension.

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10/03/2009

Le tour du propriétaire

Enfin Alain se décide, des groupes sont formés, on va faire le tour du propriétaire ! J’ai les yeux tellement rivés à la station que je ne sais pas dans quel groupe je suis assigné. Tant pis, je choisis. Je suis ici pour en profiter un max, je veux tout voir, je veux tout savoir. En me faufilant, je me retrouve coincé entre Alain Hubert et les ministres. Je ne les lâcherai pas d’une semelle, et si vous avez vu mes bottes, vous voyez de quelles semelles je parle ! J’ai droit à toutes les anecdotes, lancez Alain sur un sujet, il est intarissable. Passionnant. Vous n’imaginez pas à quel point !

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En partant du camping, nous contournons la station. Elle est là, à deux doigts, mais impossible encore de l’approcher, lentement, patience…

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09/03/2009

Au pied de la station

Une fois descendus de l’avion, la station se livre à nous très doucement. Une base, une station, c’est une femme, belle, timide et pudique. La piste d’atterrissage est à 1,5 km de la station. De là, elle semble toute petite et inaccessible. J’ai envie de courir et d’y arriver le plus vite possible, mais en même temps, je refuse les transports motorisés, je marche 15 minutes pour la voir s’approcher lentement, je me sens soudainement timide aussi, serai-je à la hauteur quand j’y serai, à sa hauteur ?

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Arrivés à son pied, Alain Hubert nous fait patienter une bonne heure (paperasseries, petit déj, juste pour temporiser, j’en suis sûr…), pas question encore de la toucher et d’y pénétrer. On a le temps, qu'il dit, patience. Facile à dire... Mais moi, je me pince (à travers toutes mes couches de vêtements) toutes les 5 minutes, je n’arrive pas à y croire, je suis au pied de la station Princess Elisabeth !!! Même en l’écrivant maintenant, je me pince à nouveau, et ça fait mal, j’ai moins de vêtements… Mais j’y étais, là, au pied de la station Princess Elisabeth !!!

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08/03/2009

Au bout de l'aile

Et puis tout à coup, la voilà ! LA VOILA, LA VOILA ! L’excitation est à son comble dans le petit avion, ce vieux DC3 remis au goût de l’Antarctique, seulement 17 passagers, transformés en une seconde en une horde de Japonais collés aux hublots pour la voir (l’avoir) dans son appareil photo. Le moment est historique et nous nous en rendons bien compte. Pour la première fois et pour la seule fois de notre vie sans doute, nous apercevons la station Princess Elisabeth ! LA STATION !!! Le pilote, pour qui c’est sans doute la 50ème fois qu’il approche le site belge, comprend l’émotion qui règne dans la carlingue et nous offre un tour complet de la station avant d’atterrir sur la piste.

Elle est là, au pied du nunatak, sur l’arrête rocheuse. Au bout de l’aile, le camping.

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07/03/2009

Vue du hublot

Bon, ça y’est, je me sens prêt, je vais vous montrer mon trésor, celui que j’ai découvert si loin, la tête en bas sur la terre, là-bas, sur le continent blanc, mon Antarctique, ma station. A force d’en parler, d’en rêver, je me l’approprie.

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Mais tout d’abord, je voudrais que vous fassiez le voyage avec moi. Découvrez-le cet énorme glacier comme je l’ai découvert, du hublot de mon 4ème avion, fatigué, et à force de voir tant de blanc, je me suis assoupi, honte sur moi, mais avouez, c’est trop blanc, c’est troublant, et étourdissant. Y’a pas de mots.

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06/03/2009

CONCOURS : le gagnant !

Heureux, le gagnant du concours ! Encore bravo à Bernard ! Et la voilà, la précieuse fiole pour laquelle vous vous êtes battus ! J’ai écrit sur l’étiquette « Antarctic Ice – Utsteinen – 71°57’S – 23°20’E – Princess Elisabeth station – 15/02/2009 ». Vous imaginez comment j’ai dû faire entrer, à plusieurs reprises, la neige par le petit goulot !? Pour tout dire, je l’avais remplie complètement de neige une première fois, puis je l’ai mise dans mon sac dans ma chambre du garage de la station, oui, ce garage en bas qui a toujours ses portes grandes ouvertes. La neige a dû fondre, se transformer en eau, puis regeler, car le lendemain matin, il restait un petit glaçon. J’ai donc re-rempli la fiole, quasi au même endroit, au pied de la station. Quoi, vous n’avez pas encore vu mes photos de la station ? Allez, promis, c’est pour bientôt !

Bernard

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04/03/2009

Silence...

Arrivé en haut du mont Teltet, la vue, l’immensité, la beauté, le silence. Chuuuut. Profitez de ce paysage et posez avec moi votre petite pierre au sommet du cairn, trace de l’homme à l’endroit le plus improbable du monde. Fermez les yeux un instant, vous êtes en Antarctique. Chuuuuut.

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03/03/2009

Des collemboles !

Je vous ai parlé du forage du lac, de la découverte de l’eau, de l’eau dans ce désert, de l’eau donc de la vie. Mais il y a des choses encore plus étranges pour ce continent, plus extraordinaires, là, sur des blocs de granit, un scientifique passionné, Cyrille, recherche et découvre des petites bébêtes ! Toutes petites bébêtes, de l’ordre du millimètre. Visibles à l’œil attentif, mais vaut mieux avoir une loupe, un bon appareil photo avec un fameux mode macro, un microscope. Ce sont des acariens ! Oui, comme dans mon matelas ! A ma question de savoir si je suis aussi allergique à ces acariens d’Antarctique, Cyrille m’a répondu benh oui, pourquoi pas, ce sont les mêmes acariens que chez nous ! Mais comment résistent-ils au froid, de quoi se nourrissent-ils ? Ce sont bien là les questions qui passionnent le scientifique, qui a hâte d’en trouver plus, qui a hâte de rentrer dans son labo à Paris, pour les étudier en profondeur, jusqu’au séquencement ADN, et voir ce qu’il y a dans leur intestin.

Encore mieux que des acariens, des collemboles ! Mais c’est quoi ça ? Des petits petits insectes. Et ils ont une particularité exceptionnelle : ils possèdent une protéine antigel qui leur permet de ne pas mourir quand ils se font prendre dans la glace. Congelés, ils sont immobiles et figés, mais ils vivent encore. Et quand vient le dégel, ils se meuvent à nouveau ! Les autres insectes se cristallisent sous l’effet du gel et se cassent en plusieurs morceaux, ce qui est fatal… Non seulement c’est une histoire émouvante pour cette bébête, mais c’est une découverte qui permet un foisonnement énorme d’applications, la reproduction et l’utilisation de cette protéine antigel permet un grand nombre d’innovations industrielles.

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Comment les piéger dans un petit tube d’alcool (tube jaune sur la photo) ? Avec un petit aspirateur à bouche (vous voyez le petit tuyau jaune ?). Pas de panique, les bébêtes arrivent directement dans le tube et pas dans la bouche…

Ecouter Cyrille parler, ça donne envie de revenir sur les bancs de l’unif et suivre en élève libre bon nombre de cours scientifiques… Vivement la pension !

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02/03/2009

Les dessous de la station

Tant qu’on est en dessous de la station, autant y rester un peu pour admirer la structure de soutien. Admirer cet enchevêtrement de piliers métalliques. Faut dire qu’il en faut, des piliers, et dans différentes inclinaisons, pour absorber toutes les forces auxquelles la station est soumise. Il y en a des droits, pour absorber le poids de la station, mais aussi pour empêcher qu’elle ne s’envole au moindre courant d’air, cette jolie soucoupe. Il y en a des obliques orientés nord-sud pour empêcher la station de basculer dans ce sens, et orientés est-ouest, pour absorber les mouvements dans l’autre sens.

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Au départ, il était prévu de fixer ces poutres dans le granit même. Mais la roche s’est montrée plus friable que prévu. Il a fallu faire des coffrages et couler du béton. Du béton à -20 °C ! Je ne vous explique pas comment il a fallu préchauffer le ciment et le sable dans un container pendant plusieurs jours. Le sable, il a fallu en trouver également sur place, une mini carrière a été improvisée près du nunatak. Le coffrage a aussi été chauffé, au même titre que le granit. Le béton a été réalisé dans le container chauffé puis coulé immédiatement dans le coffrage. Une résistance chauffante enfuie dans le béton a ensuite permis à celui-ci de garder une bonne température (quelques degrés…) pendant plusieurs jours pour que la prise soit bonne (suffisante). Pas évident de faire du béton en Antarctique… Les techniciens ont vraiment dû improviser, sans avoir de magasin Brico à portée de main… En outre, le rocher est composé de plusieurs parties séparées par des failles, qu’il a fallu maintenir en un seul bloc à l’aide de grands clous (en fait d’énormes tiges boulonnées). 

Ceci juste pour expliquer la vie des ingénieurs et des techniciens sur place. Tout ne se déroule pas comme sur les plans. Le génie, l’improvisation, la trouvaille de la bonne idée au bon moment, voilà ce dont les équipes ont dû être capables pendant ces deux années de construction. Et avec les moyens du bord pardi !

Mais le véritable pilier, n’est-ce pas ce bras, ici sur la photo, ce bras d’Alain Hubert, le véritable soutien de la station ? Ca me semble clair !

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01/03/2009

Réflexion sur le soleil

Enfin une photo de la station ! Bon, d'accord, juste un morceau de tôle du dessous, mais c'est déjà pas mal non ? Cette photo va me permettre d'illustrer deux petits sujets.
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Premièrement, la réverbération du soleil. Partout en Antarctique, le soleil trouve des miroirs pour se réfléchir. Vous voyez sur la photo, on le voit dans l'aluminium du soubassement de la station, dans le ciel, dans la glace et sur la plateforme au dessus des garages. Les rayons du soleil se comportent comme des balles magiques, ils rebondissent partout. D'où l'importance de se tartiner de crème solaire sur le visage, et même en dessous du menton ou sur les narines, car le soleil ne vient pas que d'en haut !
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Deuxièmement, avec un pareil soleil, ce serait dommage de ne pas en profiter. Des panneaux solaires sont appliqués sur chaque côté de la station, mais aussi sur la plateforme au dessus des garages. Chez nous en Belgique, on se soucie de l'orientation plein sud des panneaux. Ici, pas besoin d'y penser, les rayons du soleil arrivent de partout ! Remarquez l'angle d'inclinaison des panneaux, cela m'a frappé, ils sont assez verticaux, non ? Logique, le soleil est tellement bas qu'il faut redresser les panneaux pour recevoir un maximum de lumière concentrée.
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Il s'agit ici de panneaux photovoltaïques pour générer de l'électricité. Cet appoint d'énergie vient compléter celle produite par les éoliennes.
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Pour terminer ce chapitre soleil, l'Antarctique (au même titre que l'Arctique) joue un rôle très important pour le climat de la planète. Sans ce miroir blanc qui réfléchit fortement les rayons du soleil, la terre absorberait encore plus de chaleur. C'est pour cette raison que l'on s'inquiète tant de la fonte des calottes glacières : moins de glace, moins de réflexion des rayons du soleil, donc plus de réchauffement, et encore moins de glace. Avec en bout de course la montée du niveau des océans et l'élévation de la température sur la Terre. Voilà l'enjeu. Voilà ce que nous devons combattre. Voilà pourquoi, nous, les Belges, sommes si fiers de notre station.

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